ALBEN

Alben est un jeune artiste bordelais, autodidacte.  Tombé dans l’art dès son plus jeune âge, il a été nourri par la multiplicité d’images, publicitaires et documentaires, qu’il érige en « mythologies contemporaines ». Marqué par la vélocité avec laquelle notre société contemporaine transmet et communique sur l’information, il est, en même temps, imprégné par un univers musical protéiforme. Son défi ? Traduire et transposer ces sources dans son imaginaire personnel, au moyen de techniques picturales diverses. Imprégné fortement par ces éléments, la spécificité de l’art d’Alben est justement qu’elle n’a aucune prétention à s’inscrire dans une mouvance artistique particulière. N’y taxons pas ici une volonté de dissidence.

C’est simplement sa façon d’être, artiste autonome et indépendant. En effet, son art ne saurait souffrir d’aucune classification, d’aucune catégorisation spécifique, susceptible d’enfermer sa « maniera » dans un registre précis. Il s’oriente vers une retranscription de l’immédiateté contemporaine, en expérimentant et en inventant des techniques propres chargées de digérer des formes pour les ériger au rang d’icônes. Nous avons bien à faire à « un artisan concepteur » !  La seule vocation de son art, si toutefois il nous fallait en attribuer une, consiste en la retranscription d’une immédiateté brute. Le spectateur est, alors, transporté dans un univers spacio-temporel décalé. On touche ici la veine ironique de son œuvre. Conditionnés par une société où la quête de sens constitue un leitmotiv, nous nous retrouvons bousculés, pour ne pas dire démunis, face à cette livraison brute d’images qui, scénarisées et transformées au moyen de technique diverses, font éclater les poncifs traditionnels de l’art.

Une virtuosité technique au service de la peinture objet et de l’objet œuvre d’art, Alben a très rapidement enrichi ses techniques picturales. Comment ? Par l’appropriation de matières diverses, par la création de tampons en matériaux composites et par l’introduction de résine. Fort d’un répertoire de plus de 300 pochoirs et d’une multitude d’ustensiles, il renouvelle l’instrumentalisation de la bombe. Cette conjugaison de techniques, issue de sa formation en matériaux composites, participe de sa volonté d’ériger la peinture au rang d’objet et l’objet au rang d’œuvre d’art. Ce bouleversement dans la sacralisation de l’œuvre va, d’abord, être opéré, comme dans l’Indien, par sa façon d’immiscer des tampons dans la toile. Dans La frise, d’autres objets divers, tels que les disques ont un rôle à jouer. Il enrichit, balise, ainsi, ses œuvres de matériaux et objets divers pour leur accorder une fonctionnalité qui doit viser le Beau.