FOURNIER Dominique

Née à Guérande, d’abord illustratrice dans le secteur publicitaire, Do FOURNIER décide, en 1984, de devenir peintre à part entière.

Sa démarche, dans une société inquiète, n’est pas de rendre compte de la douleur du monde, mais d’en traduire ce qu’il recèle encore d’aptitude au bonheur, des fragiles moments de charme et de quiétude dérobés à l’existence routinière.

Pour ce faire, elle s’attache à dire le réel dans ce qu’il offre d’intimiste et de sensuel, de paisible et de charnel, non pas dans le registre imitatif mais dans une vision décantée de la chose vue et observée, coulée dans l’exubérance de ses coloris ardents.

Ce qu’elle cherche, c’est capter l’émotion transitoire, pour la fixer et l’exprimer le plus simplement possible. Ici comme le dit Bonnard, « l’émotion surgit à son moment. Le choc est instantané, souvent imprévu. » Peinture d’atmosphère avant tout, l’art de Do FOURNIER prend parfois des allures baroques, chargé de bigarrures et de circonvolutions graphiques, d’objets négligemment disposés et de corps abandonnés, qui nous immiscent au coeur d’un univers à mi-chemin du rêve et du familier.

On y trouve en filigrane des réminiscences Nabis, dans la stylisation des formes et du mouvement, les aplats de couleur contrastés, le rôle attribué à la tâche, le voisinage avec le kitsch. Nous n’avons donc pas là une écriture mélancolique, mais gourmande et rafraîchissante.

Gérard Xuriguera

(« Demeures et Châteaux » août 1996)